Les chutes chez les seniors
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Les chutes chez les seniors

Les chutes sont fréquentes chez les personnes âgées, et non sans conséquences. Elles peuvent être responsables d'hospitalisations, de fractures, de perte d'autonomie, et ont un impact psychologique fort avec parfois un véritable repli sur soi et une perte de confiance.

Pourquoi sont-elles graves chez la personne âgée ?

Les chutes s'accompagnent souvent d'une crainte de retomber. Les personnes ne se lèvent plus, ne sortent plus, ce qui entraine souvent une perte d'autonomie, pouvant aller jusqu'à un alitement quasi-total. Le maintien au domicile devient alors difficile. Les chutes sont une des causes les plus fréquentes d'entrée en maison de retraite.
En cas de chute, la station au sol prolongée, chez les personnes incapables de se relever seules et ne pouvant alerter quiconque, peut se compliquer : déshydratation sévère, escarres…
Selon la fragilité du sujet âgé et la circonstance de la chute, les conséquences peuvent être de simples à gravissimes avec hospitalisation et risque de survenue de complications liées à l'immobilisation forcée.

Comment les éviter ?

Il faut savoir reconnaitre les facteurs de risque de chutes. L'antériorité de trois chutes ou plus l'année précédente doit alerter! Une difficulté à se lever seul d'une chaise, des troubles de l'équilibre et de la marche (arthrose, antécédent d'accident vasculaire cérébral avec séquelles, maladie de Parkinson, maladie d'Alzheimer), une hypotension orthostatique avec sensation de vertige lors du changement de position, une faiblesse musculaire sont également des signes de fragilité et de risque de chutes. Enfin, des problèmes au niveau des pieds (entrainant un mauvais chaussage) et des troubles de la vue sont également à risque. Il est possible, par des solutions simples comme la mise en place d'une talonnette, de récupérer certains déséquilibres. Les troubles de la vue (cataracte par exemple) doivent être pris en charge.
L'environnement dans lequel vit un senior doit être évalué pour mettre en place des adaptations de domicile afin d'éviter une éventuelle récidive : ainsi, il convient de vérifier que l'éclairage est suffisant pour qu'il n'y ait pas de zones d'ombre sur les trajets, de dégager les espaces encombrés, de supprimer les tapis, de fixer ou cacher les fils électriques pouvant trainer.
Une stabilisation des appuis, passant par la mise en place, dans les lieux de passage ainsi que dans la chambre, la salle de bain, de barres d'aides, permet également de diminuer le risque de chute ainsi que la peur de tomber de la personne. De même, la mise en place d'accès aux moyens d'appel, comme une téléalarme, permet d'alerter rapidement en cas de chute. L'ergothérapeute pourra conseiller au mieux sur l'aménagement possible du lieu d'habitation et proposer des aides ergonomiques pour mieux vivre au quotidien.
En prenant conseil auprès du médecin traitant, il est important de faire le point sur les médicaments pris, ceux indispensables et ceux qui le sont moins et qui sont susceptibles de favoriser les chutes (somnifères, psychotropes). Il pourra aussi évaluer le besoin d'aide humaine au domicile et vous aider dans les démarches permettant de les mettre en place (aides-soignants, infirmières, kinésithérapeutes, aides ménagères pour le ménage et/ou les courses).

Réagir dès la première chute

Il est important d'agir dès la première chute, pour éviter de dramatiser la chute et éviter la perte d'autonomie.
La consultation du médecin traitant est nécessaire dès la première chute pour évaluer ses conséquences cliniques et son retentissement sur l'autonomie de la personne âgée. Un bilan médical permettra de déterminer les circonstances et rechercher une cause éventuellement médicale et curable des chutes. Puis, en fonction de l'interrogatoire et de l'examen clinique, le médecin pourra proposer un examen cardiovasculaire et neurologique, et d'autres examens complémentaires en fonction du diagnostic suspecté. Un bilan visuel pourra aussi être proposé.
Vous devez préparer cette consultation en notant avec précision les éléments qui pourraient expliquer cette chute (les médicaments pris, la dernière analyse de sang, les antécédents de problèmes cardiologiques ou neurologiques, des troubles visuels, des troubles de l'équilibre ou des troubles de la marche), l'environnement responsable de la chute (lieu de la chute, circonstances de la chute). Tous ces éléments permettront d'affiner le diagnostic.
Le médecin pourra proposer des conseils de modifications d'habitudes et d'environnement permettant de réduire les risques de rechutes.
Il pourra également prescrire des séances de kinésithérapie pour travailler le renforcement musculaire, l'équilibre postural.

En partenariat avec : Le figaro santé

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